Aujourd’hui, grande compétition de judo pour mon petit homme… il ne veut pas y aller car la dernière compétition à laquelle il a
participé, s’est mal terminée… il a perdu une dent de lait !!!
Et quand il se faisait soigner, il y avait un garçon de son club qui souffrait le martyr : une clavicule cassée pour une mauvaise
réception. Mon petit homme appréhendait donc les prochains combats et parlait même d’arrêter le judo.
Je refuse qu’il arrête, non pas, que je veuille en faire un David Douillet mais parce qu’il a besoin de ce sport pour canaliser son
énergie débordante… L’année prochaine, nous essaierons une année de transition avec un sport collectif. Je vous le donne en mille, qu’a-t-il choisi ??? le rugby, bien sûr !!!! ça n’est
pas pour déplaire à son papa !!!
Depuis le début de la semaine, il est mort de trouille mais ne le dit pas. C’est bien connu, un homme, ça garde ses sentiments à
l’intérieur et mon petit homme ne déroge pas à la règle. Les mamans sont trop fortes pour décoder les appels de leurs enfants. Donc, j’ai eu droit, "je sais pas si je vais aller au judo dimanche
parce que j’ai une barre dans le ventre et ça me fait mal". Où, ""je crois que j’ai chopé un rhume et ça va m’empêcher de combattre"… Vendredi matin, il m’a même dit qu’il avait mal à un orteil
et qu’il lui sera difficile de prendre ses appuis. Vendredi soir, entraînement de judo et j’en ai parlé à son entraîneur, qui bien compris ses tracasseries… donc, juste avant de commencer
l’entraînement, séance d’expression afin de dédramatiser les accidents. Chaque enfant a parlé de ses blessures de guerre que ce soit en judo, dans un autre sport ou en jouant tout simplement. Il
ne lui restait plus qu’à cogiter !!!
Ce matin, c’était une vrai pipelette, je ne sais pas qui a pu lui donner le gêne du bavardage… c’est pas moi, je vous assure que ça ne
vient pas de moi…comment ça vous en doutez ??? bon allez, j’avoue…
C’est bientôt l’heure de partir, grand rendez vous, à 10 h 30 pour la pesée. Il met son kimono et me balance, "dès que j’ai la ceinture
jaune, j’arrête le judo"… les inquiétudes reprennent, on dirait… je passe à autre chose.. son papa prépare l’eau et les petits encas pour les p'tits creux de notre sportif en herbe
!!!
On arrive, je le sens tendu mais prêt à affronter ses craintes. Il ne dit rien, regarde de tous les côtés pour voir s’il n’y aurait pas
un copain de club… personne… il se dirige vers la salle d’échauffement, il est bien silencieux… je commence à m’en vouloir de lui avoir imposé cette compétition. Tout à coup, j’entends
« kiki »… tiens, c’est le surnom que ses copains lui ont donné… ouf, il ne sera pas tout seul et ça lui permettra de mieux gérer ses angoisses.
On se retrouve dans les gradins, mon mari d’un côté et moi de l’autre... à chaque combat, on s'éloigne l'un de l'autre. on gère trop
mal la pression ensemble et d'ailleurs, je ne sais pas lequel des deux est le plus angoissé… killiam nous cherche des yeux… Il voit son père mais ne me trouve pas et il me cherche. Je décide,
donc, de me rapprocher de mon mari. Je lui fais un petit coucou, le voilà rassuré. J’angoisse et commence à me ronger les ongles. Dur, dur de gérer la pression. C’est à lui de combattre, il jette
un œil vers nous, on l’encourage. "Allez, mon fils, fais de ton mieux et tu vas y arriver". Mon cœur bat à la chamade… il se débrouille pas mal, il bloque le gamin.. l’arbitre les arrête, mon
mari grommèle après l’arbitre parce que celui donne match nul… pourtant, il avait gagné son combat… allez, c’est pas grave, petit homme, tu vas y arriver… Je l’observe, il attend sagement, on
voit qu’il repense à son combat, il nous regarde déçu et je l’applaudis en souriant et son père lui fait signe que c’est bien. Deuxième combat, il a l’avantage sur son adversaire et j’ai
l’impression qu’il se sent plus en confiance… troisième combat, il a gagné.
Il a le sourire qui monte jusqu’aux oreilles, il sait qu’il
y a gagné ; et surtout, il a vaincu sa peur. Il est heureux, il a une médaille d’or. Au retour, il me dit, "tu te rends compte si je vais jusqu’à la ceinture noir, je vais en avoir plein de
médailles". Tu en as gagné une de plus aujourd’hui, celle de ton courage parce que tu as vaincu ta peur, tu as réussi à aller au-delà de cette peur. Nous sommes fiers de
toi, mon p'tit homme.